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11/01/2013

Les salariés en lutte font front contre le patron voyou

Rassemblement inédit sur les Champs-Elysées à Paris ce 9 janvier. Autour des salariés
de Virgin Megastore qui luttent pour sauver leur emploi, 500 personnes sont réunies. Le
dépôt de bilan de l’enseigne est confirmée, le patron voyou met la clé sous la porte.

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Les salariés du Virgin Megastore des Champs-Elysées, à Paris, sont visiblement émus. « Tous les salariés d’Île-de-France sont représentés : la RATP, le privé, le public… Au même moment, dans toutes les villes où il y a un Virgin Megastore nos collègues sont en action. C’est du jamais vu chez nous. » Autour de ce délégué CGT, quelque 500 salariés arborent qui le gilet sans manche rouge frappé du logo blanc ou l’autocollant de leurs organisations syndicales respectives. Le mot d’ordre de mobilisation lancé pour ce mercredi 9 janvier, jour où l’enseigne doit déposer le bilan, a été très suivi. Dans les rangs, la colère gronde contre « Butler le voleur », du nom de l’actionnaire principal de Virgin.

130109_manif_virgin_4Autour des gilets rouges, la gauche est là : le NPA avec Olivier Besancenot ; le PCF avec Pierre Laurent et Ian Brossat ; le PG emmené par Martine Billard, sa co-présidente, Danielle Simonnet, conseillère de Paris, Philippe Juraver, animateur du Front des luttes en Île-de-France. Il y a aussi la foule des anonymes, des cliens qui manifestent leur soutien. Tous reprennent en cœur le mot d’ordre « non à la fermeture, oui à la culture ». Alors que la lutte des classes est sensée avoir disparue, voire n’avoir jamais existée, c’est surprenant de voir l’ampleur de cette mobilisation au cœur des quartiers chics de la capitale.

C’est que Butler Partner Capital, le fonds d’investissements qui détient encore aujourd’hui les 26 Virgin Megastore de France est prêt à sacrifier, sur l’autel de ses intérêts à court terme, les 1 000 salariés de l’enseigne et les quelques 200 emplois induits. Bien connu des spécialistes, le rapace n’en est pas à son coup d’essai. Pour maximaliser la rentabilité de l’achat de Virgin en 2008, il n’a réalisé aucun investissement dans la modernisation des magasins. Il a continué au contraire dans la voie de la dérégulation du code du travail initiée par ses prédécesseurs de Richard Branson à Arnaud Lagardère : travail de nuit, temps partiels imposés, contrats jetables…

A l’évidence, les salariés des Megastore constituent pour l’actionnaire une variable d’ajustement de laquelle il se débarrasse aujourd’hui, arguant de la pression du prix du foncier en centre-ville et de la concurrence des portails de vente par correspondance. C’est ignorer que les salariés et leurs syndicats proposent depuis longtemps des pistes pour adapter Virgin au temps présent. « Nous ferons vivre le Virgin 2.0 avec un repreneur », expliquent les délégués syndicaux.

Pour Martine Billard, la situation que vivent les salariés de Virgin Megastore illustre bien le regain de la lutte des classes. « Il y a de plus en plus de patrons voyous, comme Butler, et des salariés qui se battent pour préserver leur emploi, leur salaire, leur dignité », martèle la co-présidente du Parti de Gauche. Qui précise : « Bien sûr, il y a le prix du mètre carré en centre-ville ; bien sûr, il y a la concurrence des sites Internet installés à l’étranger. Mais là, on voit bien qu’il s’agit d’abord de la rapacité d’un fonds d’investissements qui brade 1 200 vie pour récupérer sa mise de fonds ». Butler Partners Capital laisse, en outre, une ardoise de 22 millions d’euros, dont plusieurs mois de loyers impayés. Il n’y a pas de petites économies.

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