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12/12/2012

Séminaire Ouvrier de l’Économie Sociale et Solidaire

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Le 8 décembre, le premier Séminaire Ouvrier de l’Économie Sociale et Solidaire a été lancé chez les FRALIBs, trois gardois étaient présents à Gemenos pour cette après-midi enrichissante.

 

 

 

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Ci-dessous compte rendu (photos pg Aix en Provence)

 


 

Séminaire Ouvrier de l’Économie Sociale et Solidaire
Samedi 8 décembre 2012
à l’Usine FRALIBs à Gémenos

Avec les FRALIBs, nous sommes en présence de salariés qui, aujourd’hui, luttent pour  transformer leur entreprise en Scoop alors, qu’au départ, ils voulaient simplement sauver leurs emplois.

 

a0008967.jpgFrançois Longérinas : secrétaire national du P.G. à l’économie sociale et solidaire :
Cette idée d’ÉSS voit le jour au début du XIXème siècle dans le cadre du mouvement socialiste utopique, Fourrier, en particulier, pour qui l’économie pouvait être gérée par les citoyens eux-mêmes. Ensuite, le mouvement ouvrier a commencé à s’organiser à travers les sociétés de secours mutuel pour la prise en charge de la solidarité, de la santé, du logement et, vers 1850, à travers les coopératives d’achat. Par la suite, le mouvement ouvrier s’est divisé ce qui a entraîné une stagnation du mouvement coopératif. Les coopératives de production devenaient inefficaces, faute de s’intéresser à la façon de produire. Par la suite, la volonté de prendre le pouvoir l’a emporté et les coopératives ont été vues comme favorisant la collaboration de classe. Par conséquent, les scoops ont été marginalisés.

Le mouvement coopératif a perduré dans l’industrie et dans le monde agricole à travers le partage du matériel ainsi que dans la santé et les assurances. Cet ensemble constitue un élément de l’héritage du XIXème siècle.

Ce mouvement se trouve affaibli à cause des directives européennes qui exigent que tous les secteurs de l’économie soient mis en concurrence. Le point culminant a été atteint au moment du Front populaire (Ligue de l’enseignement, Francas, léo Lagrange…).

A la libération, on a observé un nouveau développement du mouvement associatif, conséquence du programme du Comité National de la Résistance. Le principe de fonctionnement reposait sur  un fonctionnement démocratique (une personne, une voix), une meilleure répartition des richesses, le tout dans le cadre d’une adhésion volontaire.

Après 1968, on a observé un nouveau développement avec le commerce équitable et les associations d’insertion.

Pour le Front de gauche, l’ÉSS doit poser la question de la finalité des productions ainsi que leur meilleure répartition. Il s’agit de préserver l’emploi, de peser sur la qualité des productions et d’intégrer les travailleurs dans la gestion de l’entreprise. Dans la création d’une scoop, ce n’est pas l’argent qui doit être le mobile de la création mais l’utilité sociale de la production. Lorsque dans une scoop l’argent est le mobile de la création, le secteur capitaliste a vite fait de s’en emparer.

Le Front de Gauche, à travers le mouvement coopératif, entend, à la fois, réparer les dégâts et changer la société. Les FRALIBs nous montrent le chemin.

a0008962.jpgEvelyne Perrin, sociologue, spécialiste des luttes : dans la lutte des chômeurs et des précaires, nous rencontrons parfois des surdiplômés qui en ont marre de produire de la ‘merde’ dans n’importes quelles conditions et qui, de ce fait, se lancent dans des scoops. L’expérience démontre que ces scoops sont souvent rentables et innovantes. Alors, pourquoi entreprendre dans l’ÉSS ?

Pour répondre à des besoins sociaux et environnementaux, pour créer de l’emploi, pour prendre des marchés à l’économie capitaliste, pour permettre une gouvernance collective et pour choisir les partenaires avec qui on travaille. Bref, volonté de devenir entrepreneur collectif. 

 

Jean-Paul Pla : conseiller municipal en charge de l’ÉSS à Toulouse :a0008911.jpg 140 entreprises de l’ÉSS ont été créées à Toulouse en 3 ans. Elles ont permis la création de 1000 emplois. Lorsqu’un projet est jugé viable, la ville prête jusqu’à 30000€ à 0% sur 3 ans et jusqu’à 60000€ à 2%. Parallèlement, une monnaie a été crée afin que l’argent ne retourne pas directement dans les banques comme dans le cas de l’économie capitaliste ; c’est le ‘Sol-violette’ et 1€=1Sol. Alors que l’Euro ne change de main que 1.5 fois par ans, le Sol s’change lui plus de 3 fois. C’est le but d’une monnaie que de permettre les échanges et non d’être thésaurisée.  

 

Secrétaire du C.E. des FRALIBs : nous sommes en lutte depuis 800 jours, nous sommes 72 aujourd’hui. Il précise que lorsque l’usine traitait 3000 tonnes de produits/an, 1000 tonnes couvraient l’ensemble des dépenses de l’usine et, par conséquent, les bénéfices du traitement de 2000 tonnes étaient accaparés par les seuls actionnaires du groupe UNILEVER.  Aujourd’hui, les produits sont traités en Pologne et les profits sont placés en Suisse ce qui exonère l’entreprise de payer des impôts en France. Actuellement, les salariés veulent s’approprier la marque ‘Thé l’Éléphant’ afin de produire eux-mêmes, la communauté urbaine de Marseille a racheté les locaux pour 1€ symbolique. Le secrétaire du CE rappelle qu’en 1989, un opérateur était embauché au smic + 65% tandis qu’en 1999, un opérateur était embauché au smic + 3,5% pendant que le PDG du groupe a gagné 6,6 millions d’€ en 2011.

Benoit Borrits : journaliste  à Regards, salue la lutte exemplaire des FRALIBs qui connaissent leur métier, qui connaissent leurs clients et, par conséquent, sont à même de redémarrer une production dans le cadre d’une scoop. Il précise qu’entre scoop et nationalisation, la question n’est pas tranchée. Pour ce qui est du rachat d’une entreprise, on pourrait envisager l’intervention d’un prêt du secteur de financement public, question de volonté politique. Ensuite, ce sont les travailleurs qui fixent les règles : salaires, investissements, désignation des administrateurs…

Philippe Levaillant : formateur scoop, considère que les salariés de FRALIBs sont dans une action de reconquête de l’entreprise par les salariés. Il donne quelques exemples montrant les difficultés rencontrées par les travailleurs dans une scoop : composition de l’organigramme, contradictions qui peuvent se faire jour du fait que dans une scoop on peut être, à la fois : salarié/syndicaliste/responsable hiérarchique/ administrateur.  En France, il y a 12 unions régionales des scoops qui aident véritablement les entreprises, ce qui n’est pas toujours le cas des chambres de commerce. Être dans une scoop nécessite un haut niveau de formation pour être à même de donner son avis sur la marche de l’entreprise et ainsi, devenir administrateur à tour de rôle. Les unions régionales dispensent toutes les formations nécessaires.

            Michel Delfly et Luc Rousselot

 

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FRALIBs.pdf

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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