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07/11/2012

Analyse du rapport Gallois

Le rapport Gallois qui devait être publié fin septembre/début Octobre a donc fini par sortir début Novembre.

Monsieur Louis Gallois, ancien patron de la SNCF et d'EADS, ou, comment parce que l’on reste mesuré dans ses prétentions salariales, l’on passe pour un patron de gauche.

Rappelons-nous les mots de Michel Audiard tenus par Jean Gabin dans « Monsieur le Président » en 1961. 50 ans plus tard… à vous d’en juger :

-          « Je vous reproche simplement de vous être fait élire sur une liste de gauche et de ne soutenir à l'Assemblée que des projets d'inspiration patronale ! »

-          « Il y a des patrons de gauche, je tiens à vous l'apprendre ! »

-          « Il y a aussi des poissons volants, mais ils ne constituent pas la majorité du genre !... »

-          « La politique, Messieurs, devrait être une vocation... Elle l'est pour certain d'entre vous... Mais pour le plus grand nombre, elle est un métier... (…) pour certaines grosses sociétés, c'est un placement amortissable en quatre ans... (…)... Les financiers d'autrefois achetaient des mines (…), ceux d'aujourd'hui ont compris qu'il valait mieux régner à Matignon (…) »

-          «  Que devient dans tout cela la notion du Bien Public ? Je vous laisse juges... »


 Les solutions proposées par Monsieur Gallois ont leur logique et s’inscrivent dans une course d’inspiration libérale effrénée à la concurrence derrière l’Allemagne.  Mais elles n’auront pour conséquence que de créer la récession dans notre pays. Le but est de faire baisser le prix du travail de 6% pour être plus compétitif vis-à-vis du reste du monde alors que les exportations de la France ne représentent que 20% des richesses produites. Depuis 2000, la valeur de l’Euro a grimpé de 45%. Autant se battre contre les moulins à vent.

Le pseudo « choc de compétitivité » cher à monsieur GALLOIS, s’apparente en fait plus à « la stratégie du choc » que voudrait finir de voir appliquer le patronat français.

La simple lecture des graphiques ci-après montre l’évolution de la répartition des richesses et pourquoi nos sociétés en sont arrivées où elles en sont :

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On nous dit qu’il faut rogner sur le prix du travail pour permettre l’investissement qui est l’avenir de demain. Les dividendes des actionnaires ont été multipliées par 5 en 20 ans alors que les investissements l’on à peine été par 2. La part des dividendes est passée de 3,2% en 1980 à 9,3% aujourd’hui soit 120 milliards d’Euros par ans et l’on nous dit que le contrat de compétitivité doit permettre d’économiser 20 milliards sur le prix du travail. Vous n’avez pas l’impression que l’on nous prend pour des dindons ?

 

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 En trente ans, alors que la masse salariale a été multipliée par 3,6, les dividendes distribués aux actionnaires l’ont été par 20. Les salariés n’auraient-ils pas fait un meilleur usage de cet argent que les actionnaires ? Le dépenser pour vivre plutôt que de le jouer en bourse.

 Le 24 Juillet, le député de la 3ème circonscription du Gard s’inquiétait également de la perte de compétitivité de la France à cause du prix du travail (lire ci-dessous) :

 M. Patrice Prat par une question écrite n°1787 publiée au journal officiel le 24/07/2012 attire l'attention de M. le ministre du redressement productif sur la question de la compétitivité de la France. Celle-ci se pose, en effet, avec une cruelle acuité à l'occasion de la fermeture de l'usine PSA Peugeot-Citroën d'Aulnay-sous-Bois et la suppression de 10 000 emplois du groupe en France à l'horizon 2014. Les conséquences sur les sous-traitants pourraient, de plus, entraîner la destruction de près de 50 000 emplois à moyen terme. La problématique du coût du travail est au cœur des défis qui influent sur notre compétitivité. En particulier, le coût horaire de la main-d’œuvre en France à 34,20 euros est l'un des plus hauts de l'UE alors que la moyenne européenne se situe à 27,60 euros. Dans cette optique, plusieurs pistes sont évoquées comme la baisse massive des charges pesant sur le travail et leur transfert sur le revenu ou la consommation, ou bien encore la modification de l'assiette des prélèvements sociaux. Il souhaite ainsi connaître la position du Gouvernement sur le coût du travail et s'il le considère comme trop élevé en France. Il lui demande, le cas échéant, quelles sont les actions envisagées pour améliorer notre compétitivité.

 

Présentation1.jpg

 

 

Mais monsieur le député, à la lecture du graphique ci-dessus, nous faisons nous les observations suivantes :

 

-          Sur l’industrie manufacturière, la différence de coût horaire entre la France et l’Allemagne n’est que de 0,50 Euros (35,91 pour 35,41).

 

-          Dans les pays de l’Euro où le coût horaire est le plus bas, on compte notamment le Portugal, la Grèce, l’Espagne, l’Italie et l’Irlande. Il ne nous semble pas que leur compétitivité horaire les ait bien aidés ces dernières années.

 

Au Front de Gauche, nous savons quoi faire.

 

Notre programme « l’humain d’abord » reste l’alternative crédible à la dérive libérale.

 

Le 14 novembre à 14h00

 

Tous à Nîmes

 

Pour dire notre mécontentement à ce gouvernement

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

10:39 Publié dans ARGUMENTAIRE, COMITE UZEGE - VALLEE DU RHONE | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

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