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23/09/2012

Un 22 sept. à St-Christol-les-Alès contre le gaz de schiste:Du bon, du bien, du moins bien

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Ce 22 septembre à Saint-Christol-les-Alès, se tenait un des deux rassemblements nationaux d’une journée mondiale contre le gaz de schiste.

Vous savez, que sur le Gard et l’Ardèche, une société (Mouvoil) a déposé un dossier de déclaration d’ouverture de travaux pour le permis du bassin d’ALES qu’elle détient. Elle veut réaliser des mesures sismiques avec des camions spécifiques qui envoient des vibrations dans le sol créant des mini-séismes. Les ondes émises sont mesurées par des sondes disposées à distance régulière dans le sol. Ces mesures, selon cette société et selon les autorités n’ont pour but que de faire des recherches sur les roches du sol de moyenne profondeur et non sur les roches de schiste plus profondes. Des maires de certaines communes du Nord du Gard ont été conviés à une réunion d’information par le Préfet du Gard en compagnie de représentants de cette société le mardi 18.09.12 et des maires de l’Ardèche le sont le 26.09.12. Il y a donc de quoi rester vigilant et continuer l’action malgré le changement de gouvernement.


s2.JPGUn certain nombre de collectifs locaux tenaient leur stand et des rencontres et ateliers étaient organisés.

Nous y avons rencontré des camarades du PG et du Front de Gauche venant de la Drome, l’Ardèche, les Bouches du Rhône, l’Isère et le Rhône  que nous avions vus à Grenoble lors des Estivales.

Comme personne n’est encore doué du don d’ubiquité, il faut faire des choix pour suivre des sujets qui nous intéressent et/ou bien picorer et passer d’un atelier ou d’une rencontre à l’autre.

Le matin, il y eu donc une conférence sur le VIA (Vigilance/veille – Information – Alerte/Action). Le collectif a commencé à s’organiser pour créer des veilles sur le territoire et prévoir des actions pour stopper et/ou gêner le travail des sociétés intervenantes dans la non violence. La Vigilance et la veille peuvent être assurées par chacun de nous (N° de vigilance : 04.75.36.72.83 ou 06.23.66.15.51). Sont organisées ensuite des pyramides téléphoniques pour mobiliser des réseaux de 10, 20, 100… personnes susceptibles d’intervenir au plus vite. Il va s’en dire que ces premières personnes mobilisées devront être appuyées au plus tôt par la population afin que les autorités comprennent que nous ne voulons pas d’extraction de gaz de schiste. Ces blocages qui touchent à la désobéissance civile devront être non violent, répétons-le. Il est possible, également, qu’ils poussent les sociétés intervenantes à laisser tomber.

La deuxième conférence sur la transition énergétique était animée par Maxime Combes (d’Attac) qui a fait une introduction sur les différents scénarios de transition énergétique (tel NEGAWATT). Son discours était de dire que nous avons d’hors et déjà les moyens technologiques de nous orienter vers cette transition, qu’elle est indispensable car le temps presse. Nous ne devons pas être fataliste mais nous mettre au travail localement tout en menant des combats nationaux et internationaux. Partout dans le monde, des gens s’organisent et il est faux de croire que les autres humains veulent tous avoir le niveau de vie des occidentaux. Ils cherchent aussi à vivre mieux plutôt qu’à consommer plus.

Le début d’après midi a été l’occasion de prendre conscience que l’action était vraiment internationale. Des témoignages du monde entier et d’Europe ont été diffusés.

Voila pour le bon et le bien.

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Le moins bien, cela a été le moment d’échange avec les élus. Déjà… début loupé, donc intervention de Corinne MOREL-DARLEUX (secrétaire nationale à l’écologie du PG et élue régionale de la Région Rhône-Alpes) loupée.

Nous avons eu droit à un morceau de choix de langue politicienne avec  messieurs CAVARD (député EELV du Gard, ancien communiste), BOVE (député Européen EELV) et BENAHMIAS (également député Européen, mais qui est passé d’EELV au MODEM).

Camarades, nous avons du souci à nous faire. José Bové nous a expliqué qu’il n’y avait eu que des contributions au parlement européen et qu’il n’y avait donc rien à craindre de ce côté-là pour l’instant. Chaque état restait maître chez lui en matière d’énergie, si ce n’est qu’il devait y avoir une libre concurrence et que compte tenu du fait que les marchés passés depuis 1994 aux sociétés extractrices étaient plutôt opaques en France, on pouvait même utiliser l’Europe pour les faire casser. Vive le marché libre et non faussé à l’Européenne, c’est un député Vert qui vous le dit.

Concernant les derniers discours de Montebourg et du premier ministre Ayrault qui ne fermaient pas la porte à l’exploitation des gaz de schiste si un autre système que la fragmentation hydraulique était trouvé, ces VERTS ont rappelé le discours de ce même Ayrault en mars 2011 (alors qu’il était président du groupe socialiste à l’assemblée). Il disait, alors, que le gaz de schiste n’était pas la solution et qu’il fallait la transition énergétique. Ils se sont dits forts de rappeler ses dires au premier ministre. Christophe CAVARD nous a même assuré qu’il n’y avait pas de libéraux présents à Saint-Christol et qu’il n’était pas prêt d’avaler son chapeau.

 Une question, donc : même si les députés EELV votent contre le traité d’austérité (ce qui serait une bonne chose, convenons-en), peuvent-ils rester dans un gouvernement qui est prêt à le faire voter avec l’appui de la droite sans se demander, si le moment venu, le premier ministre ne sera pas capable de faire de même pour l’extraction du gaz de schiste ?

Le problème, c’est que ce sont les libéraux qui commandent au gouvernement, et que les Verts et la gauche du PS leur servent de paravent. Ils avaleront leurs chapeaux les uns après les autres, soyons-en sûrs.

 Luc Rousselot

20:54 Publié dans Gaz de Schiste | Lien permanent | Commentaires (5) | | | |

Commentaires

Bonjour
Il y a une erreur dans votre texte concernant: Elle veut réaliser des mesures sismiques avec des camions spécifiques qui envoient des vibrations dans le sol créant des mini-séismes.
L'étude du sol ne déclenche pas de mini séisme, C'est la fracturation qui en est la cause.
Merci

Écrit par : Kambourian | 24/09/2012

une petite précision, si votre maison est proche du passage actif d'un camion, vous pourriez bien voir apparaitre quelques fissures...

Écrit par : Jeannot | 25/09/2012

En réponse,
peut être pas mini séisme, accordez nous micro-séisme puisque les mesures réalisées sont sismiques. Voir ci-dessous la méthode qui peut aller jusqu'à la mise à feu de charges explosives:

SISMIQUE - REFRACTION :
Étude de la structure géologique du sous-sol
La sismique réfraction est une méthode de reconnaissance géophysique du sous-sol fondée sur l'étude de la propagation des ondes sismiques élastiques. L'objectif de l'essai est de caractériser la nature et la structure des différentes couches du sous-sol dont on détermine ainsi l'état mécanique (altération, fissuration, fracturation), les épaisseurs et les vitesses sismiques des ondes de compression, elles mêmes reliées aux propriétés mécaniques du matériau. Les vitesses des ondes de compression varient approximativement de
300 m/s à 6000 m/s quand on passe d'un sol à une roche cristalline saine. Plus une roche est raide et compacte, plus sa vitesse sismique est élevée. La sismique réfraction permet aussi de localiser les accidents tectoniques (faille). La profondeur maximale opérationnelle de reconnaissance est d'environ cent mètres mais on ne dépasse pas en pratique une trentaine de mètres. La sismique réfraction peut aussi bien être appliquée en milieu terrestre qu'en milieu aquatique. Son application ne peut être envisagée que si la vitesse sismique augmente avec la profondeur, si les contrastes de vitesse entre couches sont suffisamment marqués et si les couches du sous-sol sont relativement tabulaires.
L'essai consiste à mettre en place à la surface du sol, un profil rectiligne de capteurs sismiques, appelée dispositif sismique, reliés par un câble de mesure à un enregistreur sismique. La source sismique est actionnée en différents points le long du dispositif et on enregistre le temps de propagation entre la source et chaque capteur. La source sismique et l'enregistreur sont synchronisés pour mesurer précisément l'instant de l'émission sismique (TB). L'enregistreur numérique à échantillonnage rapide permet également de sommer plusieurs émissions sismiques afin d'augmenter le rapport signal sur bruit. Typiquement, on utilise des dispositifs de 12, 24 ou 48 capteurs espacés de 5, 10 ou 20 mètres pour des profondeurs de reconnaissance variant de 15 m à 100 m. La source est généralement un dispositif de chute de poids mais on peut aussi utiliser de petites charges explosives mises à feu au fond de petits forages, ce qui est très efficace mais très contraignant réglementairement. Les temps de propagation sont reportés sur un graphique hodochrone.
L'interprétation menée par la méthode du plus-minus permet de cartographier les couches du sous-sol et d'établir la coupe sismique (ex ci-dessous. Les vitesses sont exprimées en m/s). Des sondages mécaniques de vérification sont nécessaires pour caler la profondeur de chaque couche rencontrée et réduire les incertitudes inhérentes à la méthode.

Écrit par : rousselot | 25/09/2012

J'ai vu ces camions en action en pleine ville en région parisienne : les vieux pavillons même en meulière ne s'en sont pas remis !

Écrit par : Jeannot | 25/09/2012

Combien de mécontents aujourd'hui parmi ceux qui se rassemblent pour organiser une "résistance" à ces destructeurs de vie locale, combien ont voté Front de Gauche, qui était le seul à prendre une décision sans équivoque, combien ont compris l'enjeu de ces dernières élections aussi bien présidentielle que législatives, combien ?..... C'était pourtant la seule façon d'éviter l'affrontement...
Je pense que maintenant on va en souffrir et les regrets comme toujours viennent bien tard.

Écrit par : SALLE Pierre | 29/09/2012

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