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10/08/2012

Oui à l’éducation, non à l’enfermement !

Après avoir déclaré dans "Libération" paru le 7 août 2012 que les centres éducatifs fermés (CEF) n’étaient pas "LA solution", la ministre de la Justice a malheureusement passé la marche arrière quelques heures plus tard en affirmant qu’il y aurait bien, conformément à ce qu’avait dit François Hollande pendant sa campagne, la création de nouveaux CEF. Ceux-ci coûtent de 800 à 1000 euros par jour et par enfant accueilli, contre 150 euros pour les foyers classiques de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ). Essentiellement gérés par des associations de droit privé, les CEF ont vocation à accueillir, sur décision d’un juge des enfants, des enfants de 13 à 18 ans, souvent avant même leur condamnation, mais qui ont déjà fait l’objet d’autres procédures pénales.


Conformément à leur intitulé, l’enfermement est au centre de ce dispositif et toute fugue, même sans nouveau délit, peut entraîner une incarcération. Plusieurs études du ministère comme du contrôleur général des lieux privatifs de liberté ont montré que, par-delà un intitulé unique, les CEF fonctionnaient bien souvent avec des orientations différentes selon les lieux et que, plus les structures étaient ouvertes sur l’extérieur dans les dispositifs de droit commun (inscription à l’école, formation professionnelle, activités extra-scolaires, ...), plus la récidive était réduite. Conclusion : l’enfermement, loin d’être une plus-value éducative, est un frein à l’insertion et à l’émancipation de ces enfants en difficulté. Ce qui marche, c’est la prise en charge éducative et, le cas échéant, psychothérapeutique. Le Parti de Gauche est donc favorable à ce que des moyens conséquents, retirés par l’ancienne majorité, soient alloués à ces objectifs, autant que de besoin, mais demande à Christiane Taubira, de ne pas céder au " fantasme " de l’enfermement selon sa propre expression. Les CEF doivent devenir des centres éducatifs, sans leur retirer aucun des moyens dont ils disposent aujourd’hui. Un plan budgétaire pluri-annuel de rattrapage en faveur de la PJJ, étranglée par l’ancienne majorité, doit être adopté d’urgence.

Hélène Franco

18:26 Publié dans JUSTICE | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

Commentaires

Le placement en CEF est une mesure éducative qui a pris rang au sein de toutes les mesures educatives que l'autorité judiciaire peut ordonner : on lui accorde donc une certaine légitimité à condition que cela marche, que cela réponde aux nécessités de l'action éducative comme dynamique d'approche de la délinquance juvenile . Première question : quels sont les mineurs ciblés ? En général des mineurs qui ne peuvent pas être contenus en milieu libre d'où l'appellation "centres éducatifs fermés" Ces centres renferment donc en leur sein des mineurs difficiles et les équipes éducatives se trouvent confrontées à des groupes qui peuvent rapidement devenir ingérables et faire front à l'autorité éducative de l'établissement . Lorsque les mesures disciplinaires se multiplient par l'effet de groupe, la symbolique éducative perd de sa légitimité, les équipes éducatives se démobilisent dans un contexte qui renforce le sentiment d'échec de la mission. La prison comme moyen de "contenir les cas difficiles" reprend ses droits : dans le tableau final on peut s'apercevoir que parmi les cas difficiles viennent s'inscrire des jeunes gens qui relèvent d'un traitement psychiatrique, notamment des adolescents qu'aucune autre institution est prête à accueillir.
Conclusion:
le CEF doit proposer une amorce d'action éducative concrète et réaliste qui soit autre chose que le moyen d'éviter la prison et reposer sur un haut degré de professionnalisme des équipes éducatives, en lien nécessaire avec les équipes intervenant en milieu ouvert et en milieu pénitentiaire. La liberté de manoeuvre du chef d'établissement doit être garantie.

Écrit par : monpostdemocrate | 13/08/2012

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