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09/08/2012

Les sous-préfectures sur la sellette

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L’Humanité 07/08/2012

La suppression de certaines sous-préfectures envisagée par le gouvernement inquiète les élus locaux.

Manuel Valls, ministre de l’Intérieur, excluait mardi tout « statu quo » sur l’implantation des 238 sous-préfectures qui couvrent le territoire national. Et Didier Guillaume, vice-président socialiste du Sénat et président du conseil général de la Drôme, d’ajouter vendredi qu’il « faudra peut-être que certaines sous-préfectures soient fermées ». En vue de réduire les dépenses de l’État, la rentrée politique se fera-t-elle aussi sous le signe de l’austérité pour les sous-préfectures ? « Nous disons que dans les territoires il y a des fonctions exercées par l’État et le département, sur le social, la jeunesse, le sport... Ce sont des doublons qui coûtent cher : il faut donner plus de pouvoir aux collectivités et que l’État retourne à ses fonctions régaliennes », selon Didier Guillaume.


La question de la suppression des sous-préfectures avait déjà été soulevée en 2008 par Michèle Alliot-Marie, alors ministre de l’Intérieur. Cet échelon administratif, qui représente l’État à la tête d’un arrondissement, existe depuis le Consulat de Napoléon Bonaparte. Dans son rapport public annuel de février 2012, la Cour des comptes considère que « ce niveau infra départemental de l’administration de l’État devient de plus en plus inconsistant ». La haute autorité estime le coût de l’administration sous-préfectorale à environ 250 millions d’euros. Elle pointe également du doigt l’obsolescence de la carte des arrondissements, détachée, écrit-elle, de la réalité démographique et administrative.

Toutefois, la suppression des sous-préfectures est une question politique sensible et soulève diverses inquiétudes, notamment de la part de l’Association des maires ruraux de France (AMRF). Son président, Vanik Berberian, maire d’une petite commune, Gargilesse-Dampierre (Indre), déplore l’approche purement quantitative du ministre de l’Intérieur. « Pour nous, maires ruraux, la République doit être présente sur l’ensemble du territoire, même dans les zones peu denses. » Les sous-préfets jouent un rôle symbolique important et apportent un soutien technique nécessaire à l’heure « d’une complexité des arcanes administratifs et réglementaires ». Il ne s’oppose pourtant pas à d’éventuelles évolutions. En effet, « dans la mesure où on considère que l’État doit malgré tout être présent, il faut trouver à la sous-préfecture de nouvelles tâches en réponse aux besoins des collectivités (…), notamment en termes d’aménagement du territoire, de coordination de développement économique ou de présence médicale », souligne le président de l’AMRF. Les débats qui s’ouvriront en septembre devront « se faire en concertation avec les collectivités », selon Vanik Berberian. Elles ne se sont pas battues contre la RGPP pour replonger dans une rigueur aveugle.

Morgane Baghlali-Serres et Guillaume Letourneur

 

08:18 Publié dans PRESSE | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

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