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16/07/2012

Communiqué de presse du Collectif Gardois des droits des femmes

Communiqué de presse du Collectif Gardois des droits des femmes (FSU, CIMADE, CGT, PCF, NPA, ATTAC, le Planning familial, les Alternatifs, PG, Solidaires)

 

NON, la prostitution n’est pas un travail comme un autre. Non la prostitution n’est pas un choix ! Non le corps de la femme pas plus que celui de l’homme ou de l’enfant ne peut être une marchandise que l’on vend !

OUI, la prostitution est le résultat de la misère, de la précarité, de la violence, de la loi de l’argent et de l’exploitation des êtres humains par des réseaux internationaux.

***

Aujourd’hui on évalue à 20 000 « officiellement » le nombre de personnes prostituées en France dont 85 % sont des femmes …s’y ajoute la prostitution occasionnelle  pour finir les fins de mois , les étudiantes pour payer leur loyer ou leurs études …80 % sont d’origine étrangère recrutées par les réseaux internationaux de proxénétisme, contre leur volonté ,violées ,menacées , battues ,humiliées , assassinées parfois .L’argent est blanchi dans les paradis fiscaux ,.C’est le 2nd  budget mondial après la guerre .

Que le syndicat des dites « travailleuses du sexe » qui a orchestré une manifestation ce Samedi 7 Juillet, pilotée par le puissant lobby des souteneurs de l’industrie du porno ne vienne pas nous dire que la prostitution est choisie librement et qu’il faut l’officialiser et non  la pénaliser !et qu’il faut démissionner la nouvelle Ministre des droits des femmes qui veut l’abolir !

OUI, la prostitution est une Violence et un Esclavage qui détruit la dignité humaine.


 

Le Collectif Gardois pour les droits des femmes se prononce :

POUR la suppression des mesures répressives à l’encontre des prostituées qui sont des victimes de la prostitution et non des travailleuses du sexe.

POUR l’interdiction de tout achat d’un acte sexuel donc pour la pénalisation du client.  

POUR la mise en place de moyens de protection et d’accompagnement social (santé, logement..) pour toute personne prostituée. 

Nous revendiquons la mise en place d’alternatives à la prostitution et l’ouverture de droits pour toutes y compris le droit d’asile.

Nous attendons du gouvernement qu’il mène une lutte sans merci contre le proxénétisme et les réseaux.

Nous voulons une politique ambitieuse d’éducation et de prévention pour une sexualité libre et respectueuse à égalité entre les hommes et les femmes …un salaire d’autonomie pour les jeunes  faisant leurs études ou en recherche d’emploi.

 

Cela implique d’abolir la domination de la Femme par l’Homme et la domination par l’argent. Cela implique de créer des emplois pour tous et toutes, rémunérés à égalité entre les hommes et les femmes, des emplois à plein temps, avec des statuts et des formations, des métiers revalorisés et mixtes correctement payés afin de vivre décemment et bannir la pauvreté et la précarité qui est à 80% l’apanage des femmes.

Nous soutenons donc la Ministre des droits des femmes qui veut comme de nombreuses associations féministes aller vers l’abolition de l’exploitation de la prostitution d’autrui. C’est conforme à la Convention des Nations Unies de 1949 .En 1981 nous avons aboli la peine de mort. Mettons fin dès maintenant à la prostitution tout en aidant les victimes à en sortir  en les protégeant.  

                                                                                             

droitdesfemmes30@gmail.com

7 07 12 prostitution com presse CGDF.pdf

07:30 Publié dans Droit des Femmes et des enfants | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

Commentaires

Quelle déception de lire cet article si maladroit.

On peut tenter de cacher la prostitution. On ne peut la supprimer, pour des raisons évidentes : certaines personnes souhaitent vivre de la prostitution, même s'il semble qu'elles soient minoritaires (et leurs raisons méritent d'être entendues), et certaines personnes souhaitent avoir recours à la prostitution, pour des raisons multiples, y compris affectives parfois, dans le respect de la personne qui se prostitue.
Mais dans ce texte, ce qui est grave à mon sens, on mélange toutes les formes de prostitution, contre la liberté des personnes.

Et que dire de cette phrase : "Nous revendiquons la mise en place d’alternatives à la prostitution (et l’ouverture de droits pour toutes y compris le droit d’asile (?))". Ah oui ? (Ah ! revendiquer, le beau mot ! Et revendiquer par procuration, n'est-ce pas formidable ?) Pourquoi ne pas citer lesquelles ? Que proposez-vous dans le contexte économique actuel comme alternative à une mère prostituée qui gagne correctement sa vie et est souvent peu qualifiée pour le monde du travail traditionnel ? Tant qu'une réponse satisfaisante ne sera pas donnée à cette question, les principales intéressées, comme nous le voyons ici, ne feront pas parti de vos collectifs bien-pensants.

Il aurait mieux valu un débat de tolérance sur la question : "la prostitution est-elle nécessaire, ou un mal nécessaire ? Comment favoriser un encadrement pour éviter les dérives ?" Mais non, ici, on l'interdit directement, sans demander l'avis aux intéressées (elles ne sont probablement pas en mesure de comprendre) et on pénalise le client, c'est si simple.

Quant au terme d'esclavage utilisé et associé à la prostitution, et tellement rabattu, on peut imaginer que le collectif à l'origine de ce texte n'est pas confronté à des situations de précarité dans le travail. Accepter un emploi sans perspective, éreintant, mal payé, aux horaires impossibles, n'est ce pas là que l'on retrouve au plus près les conditions de l'esclavage au travers des siècles ?

Il s'agit bien de choisir sa vie lorsque les perspectives sont particulièrement sombres, et les notions du respect de soi ou celle du bonheur font partie de la liberté individuelle. Ne pas distinguer prostitution choisie de prostitution subie tronque le débat. Si vous n'avez pas eu la chance de rencontrer des prostitué(e)s heureu(ses)x, ce qui est mon cas, sachez que pour ma part je n'ai pas rencontré de travailleur précaire épanoui. De nombreuses filles de joie et autres courtisanes ont ainsi échappé à un avenir qui s'annonçait bien plus triste.
Que ce sujet soit ainsi traité par des partisans de la Gauche, dans le prolongement du PS, m'attriste profondément.
Ce texte est directif et n'interroge pas. Il est vindicatif.

Lire "la cité perverse" de Dany Robert Dufour aiderait certain(e)s à resituer les problèmes fondamentaux de notre société moderne, dans ce qu'elle a de pornographique.

Écrit par : Grégory H | 16/07/2012

Les commentaires sont fermés.