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19/06/2012

Grèce : vers un nouveau gouvernement de droite et davantage d'austérité

(l'Humanité lundi 18/06/2012)

La nouvelle assemblée grecque élue dimanche devrait permettre la formation d'un gouvernement de droite et entrainer une nouvelle cure d’austérité. Exactement ce que Merkel et la Troika ont voulu imposer aux Grecs par le chantage et la menace de la sortie de l'Euro.

Pour s’être soumis au diktat européen, le nouveau gouvernement devra, dès son arrivée au pouvoir, licencier 150 000 fonctionnaires, réduire les dépenses de 11 milliards d'euros dès ce mois-ci, vendre des entreprises publiques, collecter d’avantage d’impôts et ouvrir à la concurrence les professions réglementées.


Autant de raisons pour lesquelles ce nouveau gouvernement, soi-disant "d’union nationale" va à l’inverse créer une division sociale très forte. Syriza bien entendu n’y participera pas. Le probable futur Premier ministre et leader de la droite Samaras a à nouveau rencontré ce lundi matin Alexis Tsipras de Syriza qui a à nouveau fermement refusé de participé à un gouvernement qui ne rejetterait pas l’austérité. Il faut d’autant moins se laisser abuser par cette recherche affichée de "consensus national" que le vote a clairement montré que 52 % des Grecs refusaient l’austérité... Qui leur sera pourtant à nouveau imposée.

 

22 sièges pour une majorité

La formation d’un gouvernement autour de M. Samaras ne devrait théoriquement être qu’une formalité. La droite (Nouvelle Démocratie) arrivée en tête avec 29,66% obtient 129 sièges sur 300, grâce au bonus de 50 sièges offert au premier parti. Il manque donc 22 sièges pour obtenir la moitié + 1. Les "socialistes" du Pasok, alliés objectifs de la droite, avec leurs 33 sièges obtenus (12,46 %) devraient suffire. Mais Evangelos Vénizélos, leader du Pasok, a indiqué qu’il était disponible pour participer à une majorité de droite, mais seulement si Syriza ou une autre formation de gauche y figuraient. C'est là une étonnante réserve, comme si ne pas être le seul parti à trahir ses idées de gauche allaient le rendre plus respectable.


Antonis Samaras a trois jours pour trouver une majorité. Après le nouveau refus ferme de Syriza, il va rencontrer Vénizélos du Pasok qui ne devrait pas conserver ses scrupules trop longtemps.

Les résultats finaux
Nouvelle démocratie (conservateurs) 29,66%, 129 sièges sur 300
SYRIZA (gauche radicale) 26,89%, 71 sièges
PASOK (socialistes) 12,28%, 33 sièges
Grecs Indépendants (droite nationaliste) 7,51%, 20 sièges
Aube Dorée (néonazi) 6,92%, 18 sièges
Gauche démocratique (Dimar) 6,25%, 17 sièges
KKE (communiste) 4,5%, 12 sièges

Pi.M.

07:22 Publié dans Elections, EUROPE | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

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