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13/06/2012

PG en résistance

Les candidats titulaires du PG sous la bannière Front de Gauche, présents dans 98 circonscriptions métropolitaines, ont obtenu en moyenne 6,74% des voix. Ils atteignent ainsi le score national du Front de Gauche alors qu’ils concourraient dans des circonscriptions souvent difficiles où le PCF n’avait pas atteint les 5% en 2007 dans 90% des cas !

Ces 5% sont désormais franchis par les candidats PG dans les trois-quarts des circonscriptions. Y compris dans des départements ou circonscriptions réputés difficiles pour la gauche comme le Var, la Savoie, les Alpes-Maritimes, le Bas-Rhin, le Vaucluse, la Vienne, la Seine-et-Marne, les Hauts-de-Seine, l’Yonne ou l’Aveyron où Guilhem Serieys fait plus que multiplier par 4 le score du PCF lors des précédentes législatives. Et même quand ils ne parviennent pas à franchir les 5%, les candidats PG doublent souvent les voix obtenues en 2007 comme en Côte d’Or, dans l’Ain, dans les Côtes d’Armor, en Meurthe-et-Moselle, dans la Marne ou en Haute-Marne où Céline Surel multiplie par 4 le score du PCF.


Les candidats du PG dépassent les 7% dans une trentaine de circonscriptions, dans le Rhône, le Gard, le Doubs, la Dordogne, l’Isère, la Gironde ou encore les Pyrénées-Orientales.

Et ils dépassent les 10% dans 14 circonscriptions.

Dans le contexte national d’un Front de Gauche durement touché par l’abstention, les candidats PG parviennent même à améliorer le score du Front de Gauche à la présidentielle dans cinq circonscriptions. Outre Jean-Luc Mélenchon lui-même dans le Pas-de-Calais, c’est aussi le cas de Marc Dolez dans le Nord (31%), de François Delapierre en Essonne (16,7%), de Joseph Rossignol dans le Val-de-Marne (16,5 %) et de Patrick Viverge dans le Jura (14,74%). Parmi eux seul Marc Dolez sera en lice pour le second tour.

Les autres candidats du PG à franchir les 10% sont Danielle Simonnet (16,3%), Martine Billard (13%) et Leila Chaibi (11,6%) à Paris, Hayat Dalfa en Seine-Saint-Denis (14,2%), René Revol (12,6%) et Myriam Hubert (10,4%) dans l’Hérault, Marie Batoux à Marseille (11,2%), Gabriel Amard en Essonne (11,2%) et Michel Larive en Ariège (10,9%).

Tout proche des 10 %, on trouve Jean-Louis Pin dans les Alpes-de-Haute-Provence (9,8%), Corinne Morel-Darleux dans la Drôme (9,5%) et Véronique Louis en Ardèche (9,2%) qui font plus que doubler le résultat du PCF en 2007.

La gauche en tête

La gauche sort incontestablement victorieuse de ce premier tour. Le total gauche atteint 47,75% contre 35,56 en 2007. En cinq ans, la gauche, tous candidats confondus, gagne 3 millions de voix pour atteindre 12,4 millions de suffrages. Pour autant, cette nette victoire n’est pas un raz-de-marée : le total gauche reste par exemple inférieur à celui du premier tour de 1997 où la gauche avait cumulé 49% des voix.

Incontestablement, l’électorat de gauche qui s’est déplacé l’a fait pour soutenir la majorité présidentielle de François Hollande. S’il n’y a pas de vague rose, le PS obtient tout de même 29,35% auxquels il faut ajouter les 10% obtenus par ses alliés EELV, PRG et MRC. Pour autant, avec 10 millions de voix, la majorité présidentielle perd un million de voix par rapport au 22 avril dernier. Elle ne rassemble que 22% des inscrits. Au premier tour, la majorité de Sarkozy rassemblait 27% des inscrits en 2007 et la « gauche plurielle » 29% des inscrits en 1997. Sans enthousiasme, le PS profite donc à plein d’un vote légitimiste encouragé par les appels à « donner une majorité au président ».

Le Front de Gauche pâtit de l’abstention

Le Front de Gauche confirme sa place de deuxième force à gauche. Le résultat global du Front de Gauche (1,8 million de voix, 6,91%) est nettement supérieur au résultat du seul PCF en 2007 (1,1 million de voix, 4,29%). Si le Front de Gauche perd 2,2 millions de voix par rapport à la présidentielle, c’est moins que le FN qui en perd 3 millions. Mais c’est plus que la majorité présidentielle et même que la droite parlementaire pourtant défaite en mai.

Le recul en voix du Front de Gauche entre le 22 avril et le 10 juin semble s’expliquer par une plus grande abstention des électeurs de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle. On ne constate pas de transfert massif de voix de Jean-Luc Mélenchon vers les candidats du PS aux législatives. Au niveau national, si le Front de Gauche recule de 2,2 millions de voix, le PS recule également. Les résultats dans les départements ayant le plus voté pour Jean-Luc Mélenchon confirment cette analyse. En Seine-Saint-Denis, les résultats du 10 juin donnent les mêmes scores aux deux forces politiques qu’à la présidentielle.

La plus forte mobilisation des électeurs socialistes est fatale à plusieurs députés sortants du FG. Dix des dix-neuf sortants FG sont devancés par les candidats PS au premier tour. Au total, les candidats FG franchissent les 12,5% des inscrits dans 19 circonscriptions mais n’arrivent en tête de la gauche que dans dix d’entre d’elles. Le Front de Gauche n’aura plus de député dans le Val de Marne ni en Seine-Maritime, et devrait n’en garder qu’un dans les Hauts-de-Seine et deux en Seine-Saint-Denis.

Une force large et plus homogène

Malgré ce tassement, l’enracinement du Front de Gauche se poursuit. Sur les 539 circonscriptions métropolitaines, les candidats FG franchissent les 10% dans 89 circonscriptions réparties dans une quarantaine de départements alors que, en 2007, le PCF n’atteignait ce score que dans 53 circonscriptions réparties dans une trentaine de départements. Au total, le Front de Gauche dépasse les 5% des exprimés dans 332 circonscriptions alors que en 2007, le PCF ne franchissait cette barre que dans 130 circonscriptions.

Ces résultats confirment l’émergence d’un électorat FG spécifique qui ne recoupe pas entièrement l’électorat traditionnel du PCF. Ils montrent aussi l’homogénéisation du vote Front de Gauche dans le pays.

Matthias Tavel

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