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28/04/2012

Tous dans la rue le 1er mai!

Le 1er mai est une fête traditionnelle du mouvement ouvrier. Instaurée à l'origine comme journée annuelle de grève pour la réduction du temps de travail, elle est célébrée dans de nombreux pays du monde. C’est ainsi que le 1er mai 1886, la pression syndicale permet à environ 200 000 travailleurs d’obtenir la journée de huit heures. D’autres travailleurs, dont les patrons n’ont pas accepté cette revendication, entament une grève générale. Ils sont environ 340 000 dans tout le pays. Trois ans plus tard, la IIe Internationale socialiste se réunit à Paris pour le centenaire de la Révolution française et l’exposition universelle. Elle décide le 20 juillet 1889 de faire de chaque 1er mai une journée de manifestation avec pour objectif la réduction de la journée de travail à huit heures (soit 48 heures hebdomadaires, le dimanche seul étant chômé). Le 1er mai 1891, à Fourmies, dans le Nord, la manifestation tourne au drame : la police tire sur les ouvriers et fait neuf morts. Avec ce nouveau drame, le 1er Mai s’enracine dans la tradition de lutte des ouvriers européens. Ce n'est qu'en 1919, lorsque la journée de 8 heures sera instaurée, que le 1er mai deviendra un jour chômé. Il ne sera férié (et donc payé) qu'en 1946.


Entre temps, en 1941, le Maréchal Pétain récupère la symbolique de ce jour. Il en fait la « fête du travail et de la concorde sociale », et supprime l'églantine rouge qui en était l'icône pour la remplacer par le muguet. La concorde sociale pour remplacer la lutte. Déjà, à cette époque, la récupération...

 On comprend mieux, à l'aune de l'Histoire, ce qui se trame aujourd'hui : la lutte du mouvement ouvrier pourchassée par l’extrême droite depuis quelques années, par la droite cette année. Placée entre les 2 tours de l'élection présidentielle, elle revêt un caractère plus politique que syndicale cette fois. La droite et l'extrême droite se souviennent sans doute de la démonstration de force qu'avait fait le peuple de gauche en descendant massivement dans la rue le 1er 2002. Ceci n'avait pas pesé pour rien dans la cinglante défaite de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle.

 En annonçant un meeting le 1er mai pour célébrer le "vrai" travail, Nicolas Sarkozy a mis ses pas dans ceux du Front National et déclaré la guerre aux salariés qui luttent pour leurs conditions de travail. La mobilisation du 1er mai revêt donc une importance capitale. Personne ne doit manquer à l'appel car la confrontation sera celle du nombre. Nous devons donner à Sarkozy une leçon par le nombre et la force que nous rassemblerons.

 Car le « vrai » travail, ce n'est pas la « concorde sociale », qui ferait qu'on doit se soumettre sans mots dire aux injonctions patronales. Le « vrai » travail, c'est le stress, les accidents chaque année plus nombreux, les tâches morcelées, la surveillance, les payes au lance pierre, les horaires à rallonge. Le « vrai » travail, c'est celui qui est combattu par les syndicats.

 J'entendais hier à la radio un membre du Front National dire que les syndicats manquaient de représentativité car ils ne représentaient que 6,5% des salariés. Tiens donc. Pour un parti qui revendique 30.000 adhérents, c'est spécial. Un léger calcul nous apprend qu'il représente donc 0,005%... Il parlait peut-être de leur électorat ? Là ça représente 10% des Français. Et encore, on peut voter dans le plus petit village de France. C'est loin d'être le cas dans les petites entreprises, où la représentation syndicale est absente.

 Il vaut mieux parfois se taire, n'est ce pas ? Ils n'y arrivent pas ? Aidons les ! Mobilisons nous nombreux derrière les organisations syndicales mardi 1er mai !

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